Le dépistage
Dès le moment d’une contamination par le VIH, l’organisme produit des anticorps pour lutter contre «l’envahisseur». Les tests utilisés actuellement pour diagnostiquer le VIH visent à identifier entre autres ces anticorps dans le sang. S’ils n’en détectent pas, le résultat est dit «négatif». Lorsque des anticorps sont mis en évidence, le dépistage est «positif».
Le test des anticorps VIH ne peut exclure une infection avec certitude que trois mois après une situation à risque. C’est en effet le délai approximatif qu’il faut à l’organisme pour produire des anticorps en quantité suffisante pour les détecter. Un test effectué avant cette échéance n’offre aucune garantie qu’il n’y a pas eu transmission du virus dans la situation à risque.
Le résultat
Test négatif – tout va pour le mieux ?
Si un résultat de test d’anticorps du VIH s’avère négatif, cela signifie qu’aucun anticorps contre le VIH n’a été trouvé. Il n’y a donc pas d’infection par le VIH. Mais le résultat n’est fiable que lorsque le test a été effectué trois mois après une transmission possible.
Autrement dit : un résultat négatif ne dit rien sur une éventuelle infection dans les trois mois précédant le test. Si, durant cette période, on s’est exposé à nouveau à un risque, il n’y a aucune certitude.
Un résultat négatif suite à une situation à risque ne signifie surtout pas que tu es immunisé contre le VIH ou que tu es particulièrement résistant, mais simplement que tu as eu de la chance.
Un résultat de test positif a souvent de multiples répercussions sur les plans personnel, médical, juridique et social. De ce fait, on recommande toujours de demander conseil avant d’effectuer un dépistage, que ce soit auprès d’une antenne sida, de ton médecin de famille ou de centres de test anonymes (adresses).
Test positif – que faire ?
Il n’y a aucun moyen de faire reculer l’infection ou d’y remédier complètement, mais le progrès médical permet à de nombreuses personnes de vivre un vie bien plus normale qu'autrefois avec une infection par le VIH. Pourtant, beaucoup continuent de vivre ce résultat positif comme un tournant dans leur vie.
Des peurs surgissent : maladie, douleur, mort prématurée, craintes des réactions des amis et des proches ainsi que de l’environnement social. Beaucoup de personnes porteuses du VIH doivent en plus se battre contre leur environnement social, l’incompréhension et le rejet.
Souvent, on n’a pas la force nécessaire pour assumer un résultat positif. Parler avec des personnes de confiance peut aider. Les antennes sida régionales proposent également différentes formules de soutien pour affronter le résultat des tests, tels que des consultations et des entretiens en groupe positifs (adresses).
La sexualité est une chose importante dans la vie. Dans les premiers temps suivants le résultat positif, beaucoup d’hommes infectés par le VIH ont des difficultés avec leur sexualité, par exemple parce qu’ils ont peur de contaminer quelqu’un. Il n’y a pas de raison objective pour des personnes séropositives de renoncer à la sexualité. Une sexualité épanouissante est tout à fait possible, même en respectant les règles de prudence du Safer Sex, et les partenaires sexuels sont ainsi parfaitement protégés contre une éventuelle transmission.
Tu trouveras des informations détaillées sur le thème de la sexualité des personnes séropositives et de leurs partenaires dans la brochure «Rapports amoureux & sexualité ».
Devrais-je faire un dépistage?
Peu d'homosexuels font des tests réguliers simplement pour savoir. Un dépistage ne devrait être sérieusement envisagé que dans les situations suivantes:
- ... après une situation à risque, immédiatement (dans l'espace de 72 heures), il faut à ce moment-là décider de la nécessité d'une PEP;
- ... si tu as un partenaire régulier et vous souhaitiez renoncer au préservatif;
- ... si tu présentes des symptômes (voir encadré ci-dessous) pouvant évoquer une infection à VIH et que ton médecin voudrait en avoir le coeur net.
Symptômes d'une infection à VIH
Dans les premières semaines suivant la transmission du virus, des symptômes pouvant ressembler à une grippe apparaissent fréquemment (p. ex. fièvre, maux de tête, inflammation des ganglions lymphatiques, courbatures, etc.).
En présence de tels symptômes après l’exposition à un risque, tu devrais consulter un médecin, afin d’en déterminer les causes.
Par la suite, souvent plusieurs années après la transmission du virus, des maladies plus graves se déclarent (p. ex. certaines formes de pneumonie, mycoses profondes dans la bouche et le pharynx, tuberculose, etc.).
Où puis-je me faire tester?
Un test anonyme peut être effectué dans un checkpoint, auprès de l'unité sida de différents hôpitaux universitaires, dans d'autres cliniques et certains laboratoires (adresses). Ton medicin de famille peut également faire le test. Mais il faut savoir que les caisses maladie ne prennent pas en charge les frais d'un dépistage anonyme qui coûte entre 50 et 80 francs.
L'Aide Suisse contre le Sida ou l'une de ses antennes régionales (adresses) peuvent également te conseiller des lieux de test compétents.
